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L’EJIES défend la liberté de parole à l’Université Humboldt de Berlin

Par notre correspondant
25 octobre 2014

L'administration de l'Université Humboldt de Berlin a tenté de censurer une réunion convoquée par les Etudiants et jeunes internationalistes pour l'égalité sociale (EJIES) sur le thème « Pourquoi les élites allemandes veulent-elles à nouveau la guerre? » L'EJIES avait tout d’abord envoyé une lettre, datée du 8 octobre, pour protester contre les restrictions anti-démocratiques à la liberté d'expression imposées par l'administration de l'Université comme condition pour obtenir une salle de conférence (voir: L’EJIES proteste contre la censure à l'Université Humboldt de Berlin )

Elle a reçu une réponse, citée ci-dessous, le 10 octobre, du porte-parole de l'Université, Hans-Christoph Keller. La réponse de l'EJIES, datée du 13 octobre, à cette lettre est également rapportée ci-dessous.

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Berlin, le 10 octobre

Au nom de l'administration de l'Université, j’ai souhaité répondre à votre lettre.

C'est un pré-requis évident – et une réalisation effective au sein de notre Université – que la diversité des opinions est un bien précieux et que les divergences d'opinion sont discutées avec des arguments scientifiques, sans dénigrement personnel.

Si vous acceptez ces principes, je ne vois aucun problème pour mettre à disposition une salle à l’organisation étudiante constituée et à vous-même.

Dans l’attente de votre réponse.

Cordialement

HC Keller

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Berlin, le 13 octobre

Chers Prof. Dr. Olbertz, M. Keller,

Nous vous remercions de votre lettre du 10 octobre. Nous supposons maintenant que notre réunion pourra se tenir le 23 octobre.

Cependant, nous tenons à réaffirmer que les Etudiants et jeunes internationalistes pour l'égalité sociale (EJIES) n’ont jamais tenu de réunion à l'Université Humboldt qui, de quelque façon, viole les principes académiques universitaires. Votre demande que nous convenions explicitement de ces principes suppose que nous les ayons violés antérieurement.

Dans votre lettre du 7 octobre, vous faites référence à une réunion de l'EJIES en juillet au cours de laquelle « des membres de l'Université » auraient été « diffamés » ou « insultés ». Vous ne donnez aucune justification pour étayer cette allégation.

Nous n'avons jamais « diffamés » ou « insultés » des membres de l'Université. Cependant, nous insistons sur notre droit de critiquer et de condamner des positions politiques soutenues publiquement par des membres de l'Université. Si quelqu'un est en désaccord avec cette critique – même s’il est titulaire d'un poste universitaire de rang supérieur – cela ne signifie pas que notre critique constitue une « diffamation »ou une « insulte ». Ces termes ont une signification juridique précise et ne doivent pas être utilisés à la légère.

Nous tenons à vous rappeler que l'Université Humboldt a déjà tenté de discréditer l'EJIES par des affirmations totalement dénuées de fondement. En octobre 2010, nous avions invité l'historien de renommée internationale Alexander Rabinowitch, de l'Université de l'Indiana, pour donner une conférence. Le Président du département d’Histoire de l'Europe orientale a refusé de recevoir officiellement le professeur Rabinowitch, et aucun autre membre de l'Institut n'était prêt à lui souhaiter la bienvenue. La salle allouée pour sa conférence était éloignée de l’édifice principal et difficile d'accès. En dépit de cela, la conférence a réuni plus de 400 personnes. L'édition anglaise du Spiegel Online a fourni un compte rendu détaillé de l'événement.

Le lendemain de la réunion, nous avons reçu une lettre du Département technique de l'Université Humboldt qui se référait à l'événement comme étant « une rencontre difficile et tendue ». La lettre déclarait que l'Université se réservait le droit « d'entreprendre des poursuites pénales pour trouble à la tranquillité. » Il est apparu que l’exposé des faits et la menace qui l’accompagnait étaient dépourvus de toute substance. L'Université elle-même a dû le reconnaître. Une lettre de l'Université en date du 14 octobre 2010 déclarait : « En conséquence, il convient de noter que les termes « difficile » et « tendue » doivent être justifiés... Le Département considère que l’affaire est close. »

Nous considérons les récentes allégations et les insinuations comme une répétition des méthodes d’il y a quatre ans. L'Université emploie des allégations sans fondement dans une tentative de discréditer des personnes et des organisations dont les vues ne coïncident pas avec celles de la Chaire d'Histoire de l'Europe orientale. Ce faisant, l'administration de l'Université méconnaît les principes académiques mêmes dont elle exige que d'autres les respectent.

Nous vous demandons de vous abstenir de toute autre tentative pour restreindre notre droit fondamental à la liberté d'expression.

Avec nos salutations distinguées,

Le groupe universitaire de l'EJIES à l’Université Humboldt, Berlin

(Article original paru le 15 October 2014)