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Non à la guerre! Votez PSG!

Déclaration du Parteï für Soziale Gleichheit (Parti de l'égalité sociale d'Allemagne) pour les élections européennes

22 avril 2014

Cent ans après l'éclatement de la Première Guerre mondiale et 75 ans après le début de la Deuxième, l'Europe est une fois de plus au bord du désastre. Le gouvernement allemand et ses alliés de l'OTAN enveniment délibérément un conflit avec la Russie qui menace d'entrainer une catastrophe nucléaire.

Le Parteï fur Soziale Gleichheit (PSG, Parti de l'égalité sociale) s'oppose implacablement à cette politique belliciste. Nous nous adressons à tous ceux qui ne sont pas prêts à accepter ce risque de guerre: votez pour le PSG, la section allemande du Comité international de la Quatrième Internationale, aux élections européennes du 25 mai! Que cela soit le premier pas dans la construction d'un mouvement anti-guerre pour unir les travailleurs d’Europe et du monde contre la guerre et le capitalisme! Après la mort de millions de gens dans les deux guerres mondiales et les crimes innommables de l'Holocauste, l'Europe ne doit pas à nouveau être transformée en un champ de bataille des guerres impérialistes!

Le retour du militarisme allemand

Nous accusons le gouvernement allemand et tous les partis présents au Parlement de raviver systématiquement le militarisme allemand dans le dos de la population. Les mêmes milieux dirigeants, banques et grands groupes qui ont déclenché deux guerres mondiales et commis des crimes atroces mènent à nouveau des politiques impérialistes de domination et prévoient utiliser la force militaire.

Le coup d'envoi de cette campagne politique a été tiré par le président allemand Joachim Gauck dans son discours qui marquait le jour de l'unité allemande en octobre dernier. Il a déclaré que l'Allemagne «n'est pas une île» qui pourrait rester en dehors des «conflits politiques, économiques et militaires».

Puis, lors de la conférence de Munich sur la sécurité début février, Gauck, le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier et la ministre de la Défense Ursula von der Leyen ont annoncé la fin de la «politique de retenue militaire». À l’avenir, l'Allemagne «interviendra plus décisivement et substantiellement» dans les zones de crises internationales.

Depuis, Berlin mène une politique étrangère brutale. Comme si la guerre d'extermination de Hitler n'avait jamais eu lieu, l'impérialisme allemand ravive une fois de plus sa traditionnelle «avancée vers l'est».

En février, l'Allemagne, avec les États-Unis et en collaboration étroite avec les partis fascistes et des milices, ont organisé un coup d'État à Kiev qui a porté un régime de droite anti-russe au pouvoir. C’était une provocation délibérée. La réaction de la Russie était prévisible et avait été prise en considération à l'avance. Le régime nationaliste du président russe Vladimir Poutine ne pouvait pas accepter que l'alliance militaire la plus puissante du monde s'avance directement jusqu'aux frontières russes. Il a annexé la Crimée en réaction à ce coup d’État.

Depuis, le gouvernement allemand et ses alliés utilisent cette crise qu'ils ont provoquée en Crimée pour se réarmer et encercler la Russie militairement. L'OTAN a déployé des avions et des navires à proximité de la Russie, elle organise des exercices militaires près de la frontière et se prépare à accepter la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine comme membres de l'alliance. Des officiers supérieurs de l'armée allemande demandent la réintroduction de la conscription et l'achat de nouveaux chars et drones de combat.

Les médias accompagnent cette campagne de militarisation d'une propagande assourdissante visant à intimider toute voix critique. Ils emploient des mensonges et déforment les faits à la manière du ministre de la propagande sous Hitler, Joseph Goebbels. Ils minimisent la collaboration entre les États-Unis, l'Allemagne, l'Union européenne (UE) et l'OTAN avec des fascistes à Kiev et présentent la Russie comme «l'agresseur», affirmant que Moscou cherche à «écraser l'Ukraine depuis l'est» (Süddeutsche Zeitung).

Une conspiration de tous les partis

En réalité, ce sont les éditorialistes des comités de rédaction des journaux qui sont les vrais bellicistes. Le corédacteur de Die Zeit, Joseph Joffe, cherche à provoquer l’opposition contre «les conciliateurs de la Russie» et demande plus de chars d'assaut et de soldat pour mater «pour toujours le tsarisme» russe. Le journal conservateur Die Welt demande que l'Allemagne «soit prête à utiliser un électrochoc» et à «se réarmer» si elle veut «se faire entendre dans le monde».

Le PSG est le seul parti qui s'oppose au regain du militarisme allemand. Tous les autres partis, dont le parti La Gauche (Die Linke), complotent contre une population qui est largement opposée aux politiques militaristes et impérialistes.

Le gouvernement de grande coalition qui rassemble les sociaux-démocrates (SPD) et les chrétiens-démocrates (CDU/CSU) a mis le militarisme au cœur de ses politiques. Le SPD et son ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, font la promotion du militarisme et de la guerre.

Ce parti marque le 100e anniversaire de son soutien à la Première Guerre mondiale par un débordement de bellicisme sordide contre la Russie. Le président du parti, Sigmar Gabriel, a accusé Moscou d'«être évidemment prêt à envoyer les chars à travers les frontières européennes». Le porte-parole du parti sur les questions de défense, Rainer Arnold, prépare déjà la prochaine campagne militaire à l'est, appelant à une reconsidération de «la réduction incontrôlée de la flotte de chars d'assaut de l'OTAN».

Dix ans après l'adoption des lois Hartz qui réduisaient l’aide sociale et imposaient la «flexibilité» du travail, le SPD démontre une fois de plus qu'il a les deux pieds fermement ancrés dans le camp du grand patronat. Les politiciens les mieux payés, les fonctionnaires en haut de l'échelle, les hommes d'affaires des classes moyennes et les bureaucrates syndicaux qui donnent le ton dans le parti ne cherchent plus à réconcilier les travailleurs avec le capitalisme par des réformes sociales. À la place, ils défendent le capitalisme par des attaques brutales contre la classe ouvrière et des politiques impérialistes agressives.

Le bellicisme du SPD n'est surpassé que par celui des Verts. Cette couche aisée de la classe moyenne supérieure qui constitue la clientèle de ce parti soutient entièrement les intérêts de l'impérialisme allemand. Depuis qu'ils ont rejoint le gouvernement fédéral en 1998, ces ex-pacifistes n’ont cessé d’exiger des missions à l'étranger pour l'armée allemande et des guerres déclenchées au nom des «droits de l'homme» et de «l'humanitarisme». Les dirigeants des Verts et la Fondation Heinrich Böll qui lui est affiliée ont activement appuyé le coup d'État soutenu par les fascistes à Kiev. Maintenant, ils accusent le gouvernement d'être hésitant contre les «agresseurs russes».

Le parti le plus dégénéré des partis pro-guerre est le parti La Gauche. Il abandonne son déguisement pacifiste précisément au moment où le militarisme allemand se prépare à retourner sur la scène mondiale. En avril, pour la première fois, des députés de ce parti ont voté pour un déploiement à l'étranger de la Bundeswehr (l'armée allemande). En Ukraine également, ce parti soutient l'attitude agressive du gouvernement allemand. Une déclaration officielle du président du parti rend la Russie responsable de la «trajectoire de collision» et condamne les actions de la Russie en Crimée, les qualifiant d’«infraction au droit international».

Les courants de la pseudo-gauche comme Marx21 et Alternative socialiste (SAV) sont actifs au sein du parti La Gauche et soutiennent cette trajectoire en applaudissant les émeutes fascistes sur la place Maïdan qu’ils décrivent comme un «soulèvement populaire démocratique».

Ce n'est pas une coïncidence si le parti La Gauche laisse maintenant tomber ses atours pacifistes. Il a toujours défendu le capitalisme. S'il diffuse parfois des phrases de gauche pour tromper les travailleurs, en pratique, il soutient les politiques les plus droitières. Avec l'intensification de la lutte de classe, il se range ouvertement du côté de la classe dirigeante.

Le Parteï für Soziale Gleichheit lutte sans relâche contre l'influence corrosive et paralysante du parti La Gauche. Nous construisons un parti qui représente les intérêts de la classe ouvrière et qui s’oppose au militarisme et à la guerre en luttant contre leurs causes: le capitalisme.

Le capitalisme et la guerre

Comme en 1914 et 1939, la raison de ce regain du militarisme est la crise mortelle du capitalisme mondial. Il y a un quart de siècle, lorsque les régimes staliniens en Europe de l'Est et en Union soviétique se sont effondrés, la propagande bourgeoise annonçait une nouvelle ère de prospérité et de paix. La réalité fut plutôt un déclin économique, des coupes dans les programmes sociaux, des attaques contre les droits démocratiques et la guerre.

Le capitalisme a perdu toutes ses inhibitions et s'est montré à nouveau dans toute sa brutalité. Pendant qu'une petite minorité accumule des richesses incalculables, la majorité se bat contre des salaires en baisse, le chômage et la pauvreté. La classe dirigeante réagit partout à l'aggravation des contradictions sociales avec des méthodes autoritaires et le militarisme.

Les États-Unis et leurs alliés européens ont attaqué et dévasté la Yougoslavie, l'Afghanistan, l'Irak et la Libye. Maintenant, l'impérialisme allemand décide de se défaire des restrictions qui lui avaient été imposées après les crimes du régime nazi et de mettre en avant la lutte pour la domination du monde.

Il réagit à la crise profonde du capitalisme européen. Toutes les tentatives d'unir l'Europe économiquement et socialement ont échoué. Les mesures d'austérité brutales avec lesquelles Bruxelles et Berlin ont réagi à la crise financière de 2008 ont exacerbé les conflits entre les États membres de l'UE et porté les relations sociales au point de rupture.

Au sein de l'UE, il y a officiellement plus de 26 millions de chômeurs, soit un taux de 11 pour cent. Il y a une pauvreté abjecte dans de nombreuses régions, en particulier dans les pays d'Europe de l'Est qui ont été incorporés dans l'UE il y a 10 ans et dans les pays frappés par les programmes d'austérité dictés par l'UE et le Fonds monétaire international. Mais même dans l'Allemagne soi-disant riche, un employé sur trois travaille dans des conditions précaires et 6 millions de gens dépendent de l'aide sociale.

Le regain du militarisme est la réponse du gouvernement allemand à cette crise. Il vise à rassasier la faim de marchés, de matières premières et de travail à bas prix du grand patronat; à faire diversion des tensions sociales au sein de l'Europe et de l'Allemagne; et à faire tenir ensemble l'UE autour d'une politique étrangère agressive. Avant, l'UE s'appuyait principalement sur les questions économiques comme la libre circulation des capitaux et des marchandises et la monnaie commune. À l’avenir, sa cohésion interne s'appuiera sur la lutte contre un ennemi extérieur commun.

Le coût du militarisme

La classe ouvrière fera les frais du militarisme. Le financement du réarmement militaire viendra des coupes supplémentaires dans les dépenses sociales. La jeune génération sera transformée en chair à canon pour la guerre. La société sera militarisée et les droits démocratiques seront détruits.

Le gouvernement américain a utilisé les attaques terroristes du 11 septembre 2001 comme prétexte pour placer toute la société sur un pied de guerre permanent et porter des atteintes aux droits démocratiques fondamentaux. Les agences de renseignements américaines ont établi un appareil de surveillance qui éclipse ceux de la Gestapo d'Hitler et du KGB de Staline. Les drones américains tuent des centaines de présumés terroristes et de civils innocents, dont des citoyens américains, sans accusation ni procès.

La crise en Ukraine aura la même fonction pour l'Allemagne. La collaboration du gouvernement allemand avec les fascistes de Svoboda et de Secteur droit est une mise en garde. Elle crée un précédent pour toute l'Europe. Cela ne peut signifier qu'une chose: que la classe dirigeante en Allemagne va s'appuyer sur les forces de droite et fascistes pour intimider et terroriser la classe ouvrière allemande. En France, en Grèce, en Hongrie et dans d'autres pays européens, les forces fascistes développent déjà leur influence et gagnent des appuis dans la classe dirigeante.

Il faut bâtir le PSG!

Seul un grand mouvement de la classe ouvrière internationale peut contrer les dangers de la guerre et du fascisme.

De nombreux travailleurs aux États-Unis, en Europe, en Ukraine et en Russie se méfient de la propagande de guerre officielle ou y sont carrément hostiles. Ils savent ou sentent que les slogans de liberté, de démocratie et d'indépendance nationale sont faux et hypocrites, et que ce qui est vraiment en jeu ce sont les intérêts impérialistes – la puissance au niveau mondial, les marchés, les matières premières, le travail à bas prix et les profits.

Ce qu'il leur manque, c'est un parti qui appelle les choses par leur nom, qui déclare la guerre à la classe dirigeante et qui offre une résistance à la guerre avec une orientation socialiste et internationaliste claire. La construction d'un tel parti est au cœur de la campagne électorale européenne du Parteï für Soziale Gleichheit d'Allemagne et du Socialist Equality Party du Royaume-Uni – les sections allemande et britannique du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI). Le CIQI incarne les traditions historiques de l'Opposition de gauche et de la Quatrième Internationale, qui ont défendu le programme et les perspectives de la révolution socialiste mondiale contre le stalinisme.

Nous appelons les travailleurs de toute l'Europe, dont l'Ukraine et la Russie, à bâtir un large mouvement international contre la guerre. Nous les appelons à faire des élections européennes un plébiscite contre les va-t-en-guerre et leurs complices dans les médias. Un vote pour le PSG est un vote contre la guerre.

Nous rejetons l'OTAN et l'UE. Notre but est l'établissement des États unis socialistes d'Europe. Seule la création de gouvernements ouvriers dans chaque pays et l'unification de l'Europe sur une base socialiste peut empêcher la rechute du continent dans le nationalisme et la guerre, et créer les conditions pour que ses importantes ressources et forces productives soient utilisées et développées au bénéfice de la société dans son ensemble.

Soutenez la campagne électorale du PSG par vos dons et votre temps! Lisez le World Socialist Web Site, venez à nos réunions, votez pour nos candidats, contactez le PSG et devenez membre!

(Article original paru le 18 avril 2014)