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Hollande approuve la destruction d’emplois chez PSA au nom de la compétitivité française

Par Anthony Torres
31 juillet 2012

Le plan de soutien à la filière automobile dévoilé le 25 juillet par Président François Hollande entérine officiellement la politique industrielle anti-ouvrière du nouveau gouvernement social-démocrate en France.

Le nouveau projet, qui consiste largement de mesures protectionnistes, prévoit de réaliser 1,5 milliards d’économies sur le dos des travailleurs.

Leprojet développe aussi les bonus écologiques pour les véhicules électriques ou hybrides, et vise ainsi à favoriser les constructeurs français qui produisent des voitures électriques (les Renault Fluence et Zoé, avec lancement prévu en 2013) ou hybrides (Peugeot 3008). Le gouvernement Hollande emploie des mesures protectionnistes pour augmenter la rentabilité des opérations en France.

Hollande indique clairement qu’il ne s’opposera pas aux grandes lignes du projet esquissé par le constructeur automobile PSA, dont l’attaque contre ses salariés est au centre de l’actualité et que le plan de Hollande ne mentionne pas. PSA a cité une perte de 819 millions d’euros au premier semestre de 2012 pour justifier 8.000 suppressions d’emplois et la fermeture du site d’Aulnay-sous-Bois.

Philippe Varin, le directeur général de Peugeot, compte ainsi réaliser 600 millions d’euros d’économies cette année. A cela s'ajoutent une réduction des coûts de développement (Capex) de 550 millions d'euros, et une optimisation des coûts de production de 350 millions. PSA, qui brûle actuellement 200 millions d'euros de liquidités par mois, espère réduire de moitié ce rythme en 2013 et retrouver l’équilibre en 2014.

Le gouvernement, les partis politiques « d’extrême gauche » et les syndicats avaient émis des critiques hypocrites à l’encontre du plan PSA. Lors de la publication du plan gouvernemental sur la filière automobile, Hollande a simplement gardé le silence sur le plan PSA. Ceci souligne le cynisme du gouvernement, qui avait jugé « inacceptable » les premières annonces de Varin contre les travailleurs PSA.

François Hollande « a salué mercredi 25 juillet en Conseil des ministres le plan de soutien à la filière automobile, un "plan cohérent, global", et "inscrit dans la durée", a rapporté la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. ». La suppression de 8.000 postes et la fermeture d’Aulnay figurent dans le nouveau plan et sont à présent jugées « cohérentes » par Hollande.

A propos des plans sociaux auxquels il faut « faire face dès maintenant », le premier ministre Jean-Marc Ayrault a souhaité que « la négociation entre la direction de PSA et les salariés avance dans les meilleures conditions possibles ».

L’acceptation par le gouvernement et Hollande de ce nouveau plan qui attaque au premier plan les travailleurs reflète le caractère bourgeois et pro-capitaliste du Parti Socialiste (PS). Elu pour rendre compétitive l’industrie française, le gouvernement Hollande tente de réduire le niveau de vie des travailleurs pour faire face à des concurrents qui profitent d’ une main d’œuvre peu chère..

Les syndicats ont manifesté avec les travailleurs à Paris pour protester contre ce nouveau projet, tout en sachant qu’ils ne feront rien contre les licenciements et la fermeture d’Aulnay –sous-Bois. Les syndicats appellent à des mobilisations seulement pour le mois de septembre. L’inaction des syndicats a pour but d’éviter d’être débordés par un mouvement des travailleurs et d’enfin leur imposer les licenciements et les fermetures d’usine.

La droite a contesté le plan de PSA, qui selon elle n’allait pas assez loin dans la question de la compétitivité et de la baisse du coût du travail. « Ce plan sera décevant s'il ne s'attaque pas au vrai sujet qui est la baisse du coût du travail », a prévenu mercredi Valérie Pécresse, la députée UMP des Yvelines et ancienne ministre du budget, à la station radio RTL.

Ces commentaires reflètent plus franchement le caractère du débat qui se déroule au sein de l’élite dirigeante française, à la fois dans ses composantes gaullistes et sociale-démocrates. Ces calculs doivent ressortir quand en septembre Louis Gallois dévoilera son rapport sur les mesures à adopter pour rendre l’économie française plus compétitive. Ces conditions—des coupes claires dans les dépenses sociales en France—seront ensuite négociées entre les syndicats, le gouvernement et les organisations patronales.

Lors des 12e Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, dans le sud-est de la France, Louis Gallois expliquait au journal Les Echos : « Il y a un consensus assez large, face à ce phénomène de dégradation (de la compétitivité nationale, ndlr) qui paraît inéluctable, et dont nous voyons tous les jours les éléments dans la presse avec les plans sociaux et évidemment le déficit massif de notre commerce extérieur: je crois qu'il faut faire un choc de compétitivité, qui doit toucher le secteur exposé ».

Il ajouta : « Pour toucher le secteur exposé, il faut que ce choc soit assez massif et qu'il porte sur les cotisations sociales, concernant des salaires relativement élevés. Il s'agit de transférer 30 à 50 milliards pour avoir un effet significatif ».

Le gouvernement et Peugeot s’appuieront sur ce rapport pour justifier les fermetures d’usines et les licenciements chez PSA et aussi réduire le niveau de vie des travailleurs de l’automobile et d’autres secteurs industriels. Ainsi la France pourra tenter de concurrencer d’autres pays, aux dépens des travailleurs en France et à travers le monde.

Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, a également dénoncé mercredi des « actes de concurrence déloyale » des constructeurs automobiles sud-coréens. Ceux-ci ont augmenté leur part de marché en Europe depuis la signature en octobre 2010 d'un accord de libre-échange avec l'Union Européenne.

Il a dit : « Cet accord de libre-échange entre l'Union européenne et la Corée a été naïvement passé l'année dernière et aujourd'hui nous nous retrouvons avec des augmentations sur le marché des diesels des petites cylindrées de 1 000 %, Nous sommes fondés à demander le déclenchement de mesures de surveillance qui nous permettront éventuellement de déclencher une clause de sauvegarde ».

Cette déclaration n’est qu’une tentative de séparer les travailleurs français de leurs frères de classe en Corée et en Asie et derenforcer le nationalisme pour justifier la destruction des acquis sociaux au nom de la compétitivité et des profits de la bourgeoisie française.